Guide de conception d'un bâtiment VL

La question de l’investissement dans un bâtiment vaches laitières peut avoir divers contextes et objectifs. Par contre, la question des conditions de travail est toujours un des paramètres fondamentaux de la pertinence, sur du long terme, des choix techniques opérés.

I – Emergence du problème (les questions de l’exploitant)

a – le contexte général du projet

Différents aspects sont à prendre en compte dans un projet bâtiment :

-        Quels sont les motivations ou événements déclencheurs du projet ?

-        Quels sont les problèmes rencontrés par le passé (technique, travail….) ?

-        Quelles sont les perspectives d’évolution de l’exploitation ? (quota, main d’œuvre et mode de management, orientation, agrandissement, type de conduite = orientation technique et commerciale …)

-        Quel est le contexte socio économique local et européen ?

-        Quel est le système de valeur de l’éleveur et les incidences sur le projet ? (faire du bio, utiliser des matériaux renouvelables, garder leurs cornes aux vaches …)

-        Quel âge et quelle santé ont les exploitants ? Quels sont leurs projets de vie (professionnels et privés) ?

-        Quels sont les différents objectifs du projet qui cohabitent ?

-        Quelles sont les possibilités en terme d’emplacement (atouts et contraintes des emplacements possibles) ?

-        Quelles sont les possibilités économiques ?

-        Quelles sont les interactions avec les autres productions ?

-        Quelles sont les évolutions réglementaires connues ? (bien-être animal, normes environnementales, systèmes des aides…)

-        Quelles sont les particularités de la parcelle choisie (climat, topographie, passage de canalisation en sous-sol, existence d’un plan d’eau, d’habitations, possibilité de captation de sources, proximité de ligne EDF, d’infrastructures, des pâtures…..)

-        Quelle orientation sera la plus favorable à de bonnes conditions d’ambiance, d’évolutivité… ?

-        Quelles incidences les évolutions climatiques peuvent-elle avoir sur le chargement, la conduite de l’alimentation, l’assolement … ?

-        Quelles incidences peuvent avoir les évolutions du marché du lait et les exigences des laiteries sur la production (lait d’été, lait label ou bio, qualité organoleptique, mesures de gestion du coût de la collecte…) ?

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Toutes ces dimensions du projet ne sont pas disjointes mais en forte interaction, il faut donc appréhender les interférences possibles ! Si l’on prend la question de l’emplacement du bâtiment pour illustrer ce propos, il faut intégrer les aspects suivants :

  • quelle distances entre le bâtiment et les voisins ou des infrastructures (étangs, réserves d’eaux, lignes hautes tensions…) ?
  • quelle distances des pâtures (si l’on n’est pas en zéro pâturage !) ?
  • accessibilité pour le laitier, y compris en plein hiver … ?
  • accessibilité pour l’exploitant ?
  • incidences sur la valorisation du patrimoine et les successions ? (les vieux bâtiments ne sont plus fonctionnels mais parfois ont une bonne valeurs patrimoniale (tourisme …) et pourrait intéresser les frères et sœurs si la proximité des bâtiments d’élevage ne leur enlevaient pas toutes valeurs ...)

Etudier le projet sans a priori peut conduire à des idées parfois surprenantes (projet commun avec l’exploitation voisine, déplacement du corps de ferme, modification de la conduite de la traite….), l’exploitant conservant la liberté de les étudier ou pas… A ce stade, il est indispensable de resituer le projet et ses objectifs à court à terme dans une vision à long terme du devenir de l’exploitation.

b - les questions techniques et travail à se poser pour élargir l’analyse

L’exploitant ou son conseiller doit poser alors des questions complémentaires pour mieux comprendre le contexte technique et travail du projet :

Quelles sont les techniques et l’organisation actuelles ? Quelles évolutions ?

-        Quel système de production, hier, aujourd’hui et demain ?

  • Effectifs, races, niveaux de lactation par vache,
  • Conduite de la reproduction et date des mises bas,
  • Conduite du renouvellement,
  • Rations (qualité, quantité, stockage, préparation, distribution…),
  • Conduite en été (si pâture : emplacement du bâtiment par rapport au parcellaire),
  • Conduite de l’assolement (interférences pour l’épandage des fumiers et lisier, composants des rations, conduite des pâtures, incidences sur les pointes de travail),
  • Besoins en volume de stockage (par type de concentré, par type de fourrage, paille...)
  • Gestion des effluents et réglementation sur les stockages des ensilages, gestion des déchets…
  • Valorisation des produits, (qualité – transformation ?)

-        Quelle évolution prévisible de la main d’œuvre (nombre de personnes, compétence, projets d’installation, retraite…) ?

-        Quelle répartition possible des tâches d’astreinte, de saison et exceptionnelles entre les personnes et sur l’année, pour toutes les productions ?

-        Quel devenir des bâtiments anciens ?

A partir de ce pré-diagnostic, il sera possible d’identifier les questions pertinentes à approfondir.

-        Chaque question en amène généralement une autre (et non une réponse !).

-        Des interactions entre les tâches, les espaces et entre les travailleurs vontapparaître.

-        Des pistes de solutions sont déjà imaginées, il faut identifier leurs points forts et leurs points faibles, les freins à leur mise en œuvre ou au contraire leurs atouts pour une mise en pratique.

-        Une objection ne doit pas immédiatement invalider un scénario mais au contraire apporte une connaissance nouvelle, qui méritera qu’on lui cherche une solution !

Ce premier diagnostic peut aussi conduire vers des pistes d’actions originales mais répondant aux besoins définis par l’exploitant et permettant d’augmenter le champ des possibilités (salle de traite à plusieurs, traite mobile, ou tandem, ou robot, une seule traite par jour pendant les foins, banque de travail pour la traite du week-end…). Au-delà de leur intérêt intrinsèque, ces pistes peuvent permettre à l’éleveur :

-        de se projeter virtuellement dans un scénario futuriste et donc d’envisager son projet différemment,

-        de s’autoriser à avoir des idées nouvelles originales,

-        de rencontrer d’autres éleveurs qui lui poseront des questions pertinentes,

-       

A partir de ce pré-diagnostic, il convient d’explorer les interrogations qui en découlent. Les investigations à conduire sont listées dans le chapitre suivant, qui ne décrit ni la place de chacun des partenaires dans cette étape, ni les outils utilisés.

II – Les investigations à mener pour approfondir l’analyse

Selon les réponses obtenues aux premières investigations, il va falloir creuser l’analyse sur les questions pertinentes.

Les techniques suivantes sont possibles :

-        observer des séquences d’activité (traite, alimentation, soins aux veaux, interventions sur animaux….),

-        faire raconter des séquences de travail (entrées des foins, des moissons, curage, insémination, détection des chaleurs…),

-        identifier comment sont priorisées et articulées les tâches d’astreinte entre les membres de l’exploitation,

-        lister toutes les situations de travail et leurs variantes (en réponse à des événements exceptionnels),

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Ce tableau indicatif doit être refait de manière spécifique pour chaque projet ! Ce n’est pas une cohérence au cas général qui doit être recherchée, mais bien une parfaite adéquation aux pratiques particulières des éleveurs du projet !!!

Attention aux pratiques anciennes qui étaient induites par de mauvaises conditions de travail et qui vont changer du fait des potentialités du nouvel équipement !  Un bon aménagement permet des pratiques variées !

Il faut situer ce projet dans le cadre plus large de l’ensemble de l’exploitation et de ses projets :

-        Quelles sont les interactions et interférences avec d’autres tâches et d’autres ateliers ?

-        Quelles sont les interactions entre les projets et l’évolution probable de la main d’œuvre, de la réglementation... ?

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A ce stade, il est possible aux exploitants et techniciens de dessiner des esquisses de solutions et ainsi de pouvoir simuler les flux (humains, animaux, machines, produits, déchets…) et les situations de travail.

Il faut toujours avoir plusieurs solutions à comparer selon les différents critères définis en amont (technique, travail, économique, faisabilité pratique, réglementation…).

Les solutions économiquement impossibles permettent souvent d’élargir vers des idées que l’on n’aurait pas eues, parfois réalisables par des procédés moins onéreux ou, au moins, dont on peut différer l’investissement de plusieurs années, à condition de le prévoir dés le départ !

Ces analyses complémentaires permettront de faire émerger des pistes de solutions (espaces, équipements, outils et organisation). A ce stade des investigations, la visite d’exploitations ayant déjà mis en œuvre ces solutions est souhaitable. La visite doit se faire pendant une séquence de travail ! En préalable, une simulation des flux sur plan permettra au chef de projet de lister les questions à poser à l’exploitant visité, sur les conditions de travail et l’organisation.

A l’issue de cette phase, il est possible de définir les objectifs et les caractéristiques techniques et fonctionnelles recherchées. Un schéma directeur peut être élaboré. Pour des raisons de faisabilité pratique (temps de travaux d’auto construction, budgets...), il peut se programmer sur un planning pluriannuel en fonction des priorités.

A cette étape, des pistes de solutions apparaissent clairement, il est possible décrire les caractéristiques fonctionnelles qui sont attendues. De là, à la solution, il y a encore du travail, car il faut non seulement répondre à ces exigences, mais aussi intégrer d’autres impératifs de l’exploitation (réglementation, économie, faisabilité technique, autres contraintes…).

III – Les pistes d’actions possibles (Que faire ?)

Alors que l’on est attentionné aux solutions techniques et architecturales, il ne faut pas oublier les aspects organisationnels et faisabilité en terme de conditions de travail. Attention à la solution qui va bien sur le papier ! N’oublions pas qu’un geste fait occasionnellement ne pose jamais problème ! Mais lorsque qu’il faut le répéter pour chacune des vaches, 2 fois par jour et 365 jours par an, que l’on soit en pleine forme ou fatigué voire accidenté, cela est différent…

N’oublions pas d’anticiper les incidences des travaux sur la conduite de l’exploitation, en s’assurant que la quantité de travail liée à l’auto-construction et au suivi de chantier sera supportable par les exploitants, sans dégrader la performance technico-économique.

Cahier des charges indicatif d’un bâtiment fonctionnel
(produit par un groupe d’éleveurs laitiers) :

La salle de traite :

-        favoriser l’arrivée de lumière naturelle,

-        favoriser la ventilation d’été,

-        la lumière artificielle être suffisante et doit éclairer les pis et non les flancs (les pis sont alors à contre jour !),

-        éloigner efficacement les sources de bruit (moteur), choisir des équipements peu sonores (pulsateurs…), limiter les chocs entre équipements métalliques,

-        éviter les marches pour le trayeur,

-        faciliter l’arrivée des animaux de l’aire d’attente (agencement, dressage, chien naturel ou électrique…),

-        éviter les coups de pieds (TPA ou barrières -mais qui ne doivent pas restreindre l’accessibilité au pis !- ou retour sur le rebord du quai ou …)

-        en terme de hauteur du quai : gérer le compromis entre la bonne vue sur la mamelle (hauteur des yeux : pis à 1,50m de la fosse ou plus !) et la bonne accessibilité d’intervention (hauteur des mains : pis à 1,30m de la fosse ou moins !). Dans de nombreuses fosses, les pis sont à 1m40 ou 45 du fond de la fosse, ce qui engendre des dos relativement droits (sauf lors de l’utilisation des gobelets) mais des épaules très sollicitées pour beaucoup de personnes ! Il convient de développer des gestuelles qui ne sollicitent pas la vue mais le seul toucher ! Attention, selon les races et les formes des pis les hauteurs des quais pour obtenir une bonne hauteur des mains sont variables, ne  pas hésiter à mesurer vos propres animaux plutôt que de s’en tenir aux normes ! Dans le cas de cohabitation de trayeurs de tailles différentes, le plancher mobile en fond de fosse n’est adapté que pour une seule taille au cours de la même traite ! Eviter les marches dans le fond de la fosse (fatigue et risques de chutes).

-        c’est la sélection sur la forme des pis qui permet le mieux de limiter les problèmes d’éloignement frontal quel que soit le type de traite. Dans les traites en épi, il faut négocier des angles (l’artisan s’embêtera 8 jours, sinon ce sera l’agriculteur pendant 40 ans ! De plus certains constructeurs prêtent des coffrages près à l’emploi !)

-        sauf situations de santé particulières, il vaut mieux limiter les piétinements au profit de déplacements pendant la traite (la proximité des animaux engendre des torsions du tronc alors que les déplacements sont des occasions de repositionnement du dos et favorisent la circulation sanguine).

-        éviter, en cours de traite, les postures trop basses (seaux ou produits par terre) ou trop haut (commandes, dérouleurs papier…) : penser aux servantes sur roulettes ou sur rail…

-        prévoir comment trier et évacuer les laits (colostrum, cellules, antibiotique..) : éviter les ports de pots…. Si ce n’est pas possible, éviter de cumuler ces ports de charges avec des passages étroits, des marches …

-        du point de vue des cellules, il serait souhaitable de traire les génisses d’abord mais du point de vue du travail,  il est préférable de mêler les primipares aux vaches qui leur montrent le comportement adéquat en salle de traite !

-        les animaux sous antibiotiques, les vêlages récents… posent 2 problèmes : risque de contamination des autres animaux (restreint lorsque l’équipement est bien réglé) et d’erreur (mauvais aiguillage dans le tank). Chacun a ses solutions ! L’objectif est de trouver un système pour se conditionner à des repères (bracelets, marques …) ou méthodes (trier les animaux à l’entrée, nommer mentalement l’animal avec ses particularités…) qui évitent les prises de tête !

-        prévoir les modes de communication et de transfert des informations entre les trayeurs (lieux et supports pour les noter, réunions…)

-        ne pas oublier que la traite à plusieurs peut avoir des objectifs variés (convivialité, vie sociale, gestion des informations, plaisir de partage de ce moment..) mais cela ne doit pas cacher que parfois certains événements peuvent conduire à des absences…

-        les lavages (mains, outils..) sont fréquents en salle de traite : prévoir un point d’eau adéquat à vos pratiques.

-        ne pas oublier les outils pour ramasser les bouses en cours de traite (prévoir leurs rangements).

-        les soins sur animaux en salle de traite : prévoir la proximité du matériel et des produits. Comment et où seront nettoyées les éventuelles lavettes, …. ?

-        quelles conditions pour les autres interventions en salle de traite (pose et enlèvement de collier DAC ..) ? Certains prévoient un passage à l’avant des animaux ; d’autres des équipements de contention en sortie de traite.

-        quelles conditions de tri des animaux en sortie de traite ?

-        quelles conditions de travail du peseur, du contrôle laitier ?

-        chercher un lavage facile et peu consommateur en eau du quai, de l’aire attente, du couloir de retour (éviter les stagnations d’animaux dans ce couloir !).

-        chercher un fond de fosse le moins dur et le moins froid possible, sans dégrader les conditions d’hygiène et d’entretien !

-        éviter le froid dans la salle de traite (éviter le risque de gel de l’installation et améliorer les conditions de travail). Rien n’interdit de fermer entre la salle de traite et l’aire d’attente ! (rideaux, …). Parfois des chauffages sont possibles ! (les radians chauffent une face, on a froid de l’autre ! Peut-on récupérer la chaleur du tank (ou panneaux solaires, ou …) pour alimenter un plancher chauffant l’hiver, rafraîchissant l’été !). Lors des coulages de dalle, pensez à éviter les ponts thermiques et aux bétons contenant des isolants….

-        limiter les risques de chutes (absence de marches, rugosité des sols, chaussures à semelle antidérapante et isolante du froid...)

-        limiter les risques de se faire coincer les bras, prendre un coup de pied,

-        une circulation facile des animaux qui doivent arriver le moins stressés ou apeurés possible, (n’oublions pas que le comportement non agressif de l’éleveur avec les animaux est le préalable le plus efficace)

-        dans le cas d’alimentation des veaux avec le lait des vaches :  une bonne articulation avec la nurserie est à rechercher, prévoir un transfert simple et peu physique du lait !

-        quelle capacité d’extension ?

L’alimentation, raclage, paillage :

-        Favoriser l’arrivée de lumière naturelle,

-        La lumière artificielle doit être suffisante et les boutons accessibles depuis des endroits stratégiques, anticiper les circulations par l’extérieur et l’éclairage des abords que cela induit.

-        Limiter les ports de charges (alimentation des trémies, des mélangeuses, écartement de la paille…)

-        Eviter les raclages et autres poussages manuels (refus, distributions non bi-quotidiennes…)

-        Restreindre les mises en route de tracteurs et les montées et descentes d’engins (ouverture de barrières, portes...), les marches arrière.

-        Limiter le nombre de tracteurs immobilisés pour l’hivernage (conditions d’attelage avant et arrière …)

-        Préférer les outils attelés à l’avant (éviter les torsions du dos et des cervicales)

-        Prévoir l’articulation entre les différents postes de travail (dont la traite)

-        Réfléchir à l’incidence des choix technologiques et organisationnels sur le temps d’astreinte quotidienne et les travaux saisonniers (curage, préparation de mélanges, avancement de sous-stocks de fourrages, approvisionnement de libres-services…)

-        Penser l’emplacement et la longueur d’auge des libres-services : quelles incidences sur la concurrence ? Sur la consommation de paille ? Sur les conditions d’approvisionnement ? (comment éviter les interventions manuelles entre deux mises à niveau : pousser, dérouler, balayer ?) Quelles articulations entre les libres-services (DAC, foin, ensilage, abreuvoirs…) et les espaces (aire d’attente, couchage, sortie de traite, aussi bien en hiver qu’en été) ?

-        Examiner le nombre et l’emplacement des points d’eau sur les zones utilisées hiver comme été : éviter de souiller l’aire de repos, limiter les ports de seaux auprès des animaux isolés même occasionnellement, restreindre les risques de gel…

-        Vérifier la largeur du couloir d’alimentation et la hauteur sous plafond, en fonction des besoins (ration, mode de distribution …)

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L’aménagement du logement des animaux :

-        Favoriser l’arrivée de lumière naturelle,

-        Prévoir la ventilation pour limiter l’exposition aux poussières et à l’ammoniac tant pour les animaux que pour les hommes !

-        Prévoir l’emplacement de brosses pour les animaux (emplacement favorisant sa fréquentation mais ne gênant pas le travail), le pédiluve, de la cage de contention….

-        Prévoir des passages d’hommes aux endroits judicieux (systèmes d’ouverture et de verrouillage facile)

-        En cas de logettes : envisager de bonnes conditions d’intervention sur les animaux coincés, les conditions d’apprentissage pour les génisses…

-        Considérer la possibilité de séparer en lots (génisses, taries…)

-        Si l’exploitation possède un taureau : examiner les conditions de saillie, l’emplacement du box, permettant de valoriser les refus des vaches, de mieux visualiser les chaleurs…

-        Réfléchir l’articulation de cet espace avec les pâtures, l’aire d’attente, la nurserie, l’infirmerie, les lieux de contention…

-        Quelles possibilités de transformation ? d’extension ?

-        Quel emplacement des boutons de lumière selon qui intervient ? Quand ? Où ? Avec quels outils ? A quelle saison ? (Ne pas oublier d’éclairer les abords et les circulations extérieures) ...

-        Quelles portes d’accès et conditions d’ouverture ? (porte en bois, en fer, coulissante, déroulante, petite porte pour les hommes et les animaux, grande pour les engins, filets brise-vents, rideaux en bâche) (poids, risque de congère, de gel...) Pour quelle circulation ? (taille des engins utilisés, qui ? quand ? pour faire quoi ?) Incidences sur l’ambiance dans le bâtiment ? Avant de décider, penser à comparer leur résistance aux intempéries, aux chocs et autres incidents….

-        Envisager les circulations extérieures au bâtiment (des hommes, animaux et machines…)

-        Un maximum d’espace doit être mécanisable pour faciliter la circulation d’animaux en lot ou individuellement mais il ne faut pas oublier de répondre à la question de l’entretien de ces espaces !

-        Qui surveillera les chaleurs ? Quand ? D’où ?

-        Préférer faire hiverner les génisses sur un lieu de passage fréquent pour mieux surveiller les chaleurs.

-        Alloter les génisses pour préparer leur introduction dans le troupeau (ne pas encourager de comportement dominateur ou soumis ; éviter le stress d’une introduction dans un troupeau d’adultes en stabulation, en plus du vêlage)

-        Examiner les capacités d’adaptation du bâtiment à des évolutions dans la conduite ou la taille du troupeau.

Autres espaces :

-        Placer l’infirmerie à proximité de la salle de traite : possibilité de contention en sécurité (vêlage, traitement, parage, césarienne, IA, écho…) ; alimentation et abreuvement sans intervention manuelle ; conditions de transfert des veaux en nurserie facilitées ; conditions d’enlèvement d’un animal mort plus aisées…

-        Situer la nurserie à proximité de la laiterie ; bonne orientation ; limitation des ports de charge ; surveillance renforcée (lieu de passage…)

-        Prévoir la contention : emplacement et équipement adéquat aux manipulations et interventions réalisées sur l’exploitation.

-        Si l’emplacement du corps de ferme est changée, n’y aurait-il pas des modifications à faire dans les formes des parcelles (types de clôtures, d’ouvertures, de passages d’hommes, chemins…) pour faciliter les déplacements des animaux.

-        Réfléchir les moyens de limiter la consommation en eau et en énergie non renouvelable….

Il n’y a pas qu’une solution pour atteindre un même objectif ! Le contexte étant chaque fois différent et les objectifs variés, il est possible de faire fonctionner son imagination !

Parfois une solution n’est pas retenue au premier abord mais il est toujours souhaitable d’anticiper un changement d’avis toujours possible (par exemple : mettre les bois dans le béton même si l’on opte dans un premier temps au raclage au rabot, car l’installation future d’un racleur automatique en sera facilitée !).

Il est illusoire de croire qu’il n’y aura pas d’évolutions et que l’on construit son dernier bâtiment, qu’il sera parfait pour les 100 ans à venir ! Cela ne s’est jamais vu et ne va pas commencer aujourd’hui !!!! Nombreux sont ceux qui ont regretté la quantité de pierres et béton mis lors de la construction initiale le jour où ils ont attaqué les travaux de transformation !

Lorsque les options sont prises au niveau architectural, il en découle des décisions en terme d’équipements, de matériel :

-        Plus un matériel est polyvalent, plus il fait tout, plus il ne fait rien !

-        Quelles solutions de rechange en cas de panne ?

-        Pour les pannes et incidents prévisibles : Quelles anticipations possibles pour réduire le temps de la réparation ?

-        Combien faudra-t-il d’outils de traction ? Et quelles caractéristiques de chacun ?

-        Comment favoriser les équipements à l’avant plutôt qu’à l’arrière du tracteur ?

C’est toujours l’éleveur qui construira, paiera, travaillera et donc décidera de sa ou ses solutions.

Quelle que soit la (ou les) solution(s) retenue (s), il faudra veiller à ce qu’en cours de conception, les objectifs initiaux et les caractéristiques fonctionnelles qui en découlaient ne soient pas oubliés. Des simulations des conditions de travail futur permettront à la fois ce rappel et l’appropriation de la nouvelle situation par tous les participants au futur travail dans ce nouveau bâtiment. Il serait dangereux de focaliser toute l’attention sur le nouveau bâtiment et de ne pas anticiper les interférences avec les anciens…. Qui peuvent aussi nécessiter des aménagements !